La petite cloche

 Vous vous rappelez ma fierté de vendredi – Un jeu de rôle, des participants, un observateur, un défi à communiquer en petit groupe et un retour sur le jeu (la partie la plus importante au niveau de l’éthique). 

La première fois que la petite cloche éthique a sonné dans ma tête, c'est quand la première observatrice mentionne qu’elle pensait qu’elle avait été choisie à cause de sa perception d'elle-même trop bavarde. Je fus étonné mais vraiment heureux de pouvoir tout de suite lui répondre qu’elle avait été choisie pour sa capacité d’analyse, ce qui était exactement l’argument que m’avait présenté ma collègue qui avait préparé l’activité avec moi.  

 La cloche éthique a retenti une deuxième fois quand le deuxième observateur nous a avoué qu'il avait été mal à l'aise lorsque nous l'avions fait entrer en premier, comme un V.I.P., alors que c’était seulement pour que l’on prenne le temps de lui expliquer les thèmes d'observations... Il avait eu peur que les autres le juge parce qu’il avait eu un privilège...  

C’est dans le retour sur le jeu, que la petite cloche aurait pu carrément casser. Nous devons tenir compte des conséquences prévisibles de nos activités professionnel (OTSTCFQ, 2020) et bien que nous eussions mis en place un dispositif pour que l’on n'ait pas de critiques ou reproches dirigés vers une personne, Nous n’avions pas prévu la phrase : “il y avait deux personnes qui ne parlait presque pas, deux qui parlait trop et une qui intimidait”.   

En étant deux animateurs, nous avons pu, je l’espère, mettre en place un espace sécuritaire de parole qui leur permis d’exprimer leurs malaises et de les apaiser. Nous avions une visée pédagogique. L’objectif était d’améliorer une compétence dans le champ du travail en petit groupe, une compétence pertinente dans le contexte d’Imprime-Emploi. Le jeu de rôle est une façon de se pratiquer à la vraie vie, sans avoir les conséquences de nos erreurs. Si une personne sort de l’expérience avec un malaise, que va-t-elle retenir de l’activité autre qu’un ressenti malaisant. Comme intervenant, nous ne voulons surtout pas nuire, nous avons donc laisser l’activité dépasser le temps allouer pour faire en sorte de panser les plaies, ce qui était ma principale préoccupation à ce stade de l'activité. La visée pédagogique devenait très secondaire face à l’événement critique d’observations négatives qui visaient directement une personne même si elle n'avait pas été nommée. J'espère que nous n’avons pas laissé de lacets dénouer,  il fallait boucler la boucle... 

 

OTSTCFQ (2020).  Règlements et autres actes, Gazette officielle du Québec, 26 février 2020, 152e année, no 9. Récupéré de  

Commentaires

  1. Ah la dure réalité de la communication interpersonnelle ! Ce n'est pas pour rien si dans notre cheminement en cours optionnel, il y a un cours dédié juste à cela. C'est touchant que tu sois dans cette volonté de ne pas nuire, de respecter les exigences de l'ordre alors que tu n'y es pas membre et cela montre en avance ta posture professionnelle (Bravo). Je note aussi qu'il est plus important pour toi de penser à comment la personne vit ses émotions là-dedans quede prioriser l'objectif de la rencontre. Il y a évidemment des techniques pour que tout se passe relativement au mieux mais avant je pense qu'il faut aussi se détacher de nos attentes et de la perfection. Les échanges interpersonnels sont par essence imparfaites et c'est correct tant qu'on garde à l'esprit de ne pas tomber pas dans un rapport de pouvoir. À titre d'exemple, à mon travail, il y a plus de 14 intervenantes et certaines sont silencieuses en réunion; l'une d'elle m'a dit que parfois elle n'a rien à dire et elle trouve oppressant qu'au nom de l'équité dans le droit de parole, on lui demande d'émettre un avis. Des fois, elle voudrait être oubliée et considérée uniquement quand elle décide de prendre cette parole. Il y a ici un désir de bien faire en essayant d'accorder du temps de parole à chaque personne mais nous pouvons oublier que le silence est aussi une manière de s'exprimer. Pour le sujet intimidant, effectivement il se peut que le malaise ait pu favoriser le silence. Dans ce cas, on peut essayer de proposer une communication écriter pourquoi pas varier même les formes de communication? Merci pour ce retour, c'est un beau sujet et une belle analyse de ta part ! Meriem.

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  2. ''(...)proposer une communication écrite, pourquoi pas varier..."

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